Littérature/ Literatura
L’interview inédite d’un mazzeru

Littérature/ Literatura L’interview inédite d’un mazzeru

Dernièrement, le jury du livre corse présidé par Jocelyne Casta a récompensé l’ouvrage de Ghjuvan Micheli Weber dans la catégorie « essais ». L’ouvrage bilingue, édité chez Colonna édition se présente comme une interview réalisée en plusieurs séances.

Bien avant la parution de cet ouvrage, Dorothy Carrington et Roccu Multedo ont évoqué le mazzeru et l’ont popularisé.

Pour autant a-t-il seulement existé ? Faut-il croire encore aujourd’hui à cette figure du chamanisme ? Ce personnage inquiétant qui est aussi signadore (guérisseur) n’en finit pas de piquer la curiosité de tous ceux qui explorent les croyances magico-religieuses de la Corse d’antan.

Pour autant, le mazzerisme est-il une spécificité « suttanaccia » dans la mesure où il semble n’apparaître que dans le sud de la Corse ? Le mot « mazzeru » est d’ailleurs enraciné dans le Taravu.

Un questionnement pour beaucoup de Corses qui remettent en cause son existence. L’auteur leur répond : « Si on ne croyait qu’à ce que l’on voit, on ne croirait ni à l’atome ni à l’univers…encore moins à la pensée ».

L’originalité du livre tient à l’approche initiatique du mazzerisme. Le surnaturel surgit au détour des révélations sur les pratiques de ce « chasseur d’âme » qui tue en rêve ses proies. Pour ceux qui auraient oublié qui est ce personnage, l’auteur le présente succinctement : « Le mazzeru est celui qui fait le passage entre les deux mondes. Une nuit, il tue ou blesse un animal et celui-ci, en fait, représente l’âme d’une personne. S’il l’a tué, la personne meurt trois jours, trois semaines ou trois mois après le rêve. » Le tout narré en langue corse. Ce qui donne à ce « témoignage » une saveur incomparable.

Une plongée dans le surnaturel aussi effrayante que fascinante qui ne manquera pas de piquer la curiosité des lecteurs voire de susciter d’ancestrales pratiques ? A vous de juger…

FRANCESCA QUILICHINI

Cuntrastu cù un mazzeru, Ghjuvan Micheli Weber, Colonna édition, 14 euros.

 









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