Storia/Histoire
La Guardia Corsa Papale retrouve sa tenue

Storia/Histoire La Guardia Corsa Papale retrouve sa tenue

Iviu Pasquali a présenté dernièrement une tenue de La Guardia Corsa Papale qu’il a fait réaliser à Rome par une couturière spécialisée dans la confection de vêtements historiques.

L’association qu’il préside a fait confectionner avec ses fonds propres un des vêtements que portaient les gardes corses du pape à Rome. Un mannequin portant l’habit est exposé dans la chapelle Santa Divota de Pedicroce.  « J’ai demandé à Josiane Leca, explique Iviu Pasquali, une amie qui habite Rome de chercher quelqu’un pour faire la tenue. Elle a chargé une couturière de la confectionner.» La plus simple et la moins chère possible car l’association ne vit que de ses propres deniers. Ce qui ne freine pas les membres de A Guardia Corsa Papale dans leur volonté de commander deux autres tenues plus élaborées.

Pour l’heure, la tenue de ville exposée date de 1600. Ce vêtement sobre mais élégant sera peut-être porté un jour par les responsables de l’association  lors de reconstitutions historiques à Rome et en Corse.  Aux côtés du mannequin se trouve une reproduction de la fameuse « corsesca » qui était jadis fabriquée à Siscu. Cette arme rappelle que les corses savaient non seulement manier la lance mais aussi la fabriquer. Entre le XVe siècle et le XVII e siècle les mercenaires corses la portaient avec fierté. Ce javelot à trois fers permettait d’attaquer des ennemis distants de trois mètres.

Si Iviu Pasquali et ses amis ont choisi d’investir la chapelle Santa Divota de Pedicroce pour présenter l’histoire des gardes corses ce n’est pas un hasard.  La chapelle est située non loin du couvent d’Orezza, haut lieu historique de l’indépendance de la Corse  menée par Pasquale Paoli.  La chapelle, dédiée à la sainte patrone de notre île, est une dépendance de l’église San Petru è San Paulu. La mairie de Pedicroce a mis gracieusement la chapelle à la disposition de l’association qui dispose ainsi  d’un  lieu  d’exposition permanente qui accueille aussi des conférences.

Depuis la création de son association voilà cinq ans Iviu Pasquali se démène sans compter pour faire revivre un pan de notre histoire. Même si cela ne plaît pas à tout le monde, il a tissé des liens très étroits avec le Vatican et plus précisément avec Rome. Il se bat pour sortir de l’oubli l’histoire de ces gardes corses qui ont été au service du pape  durant des siècles. Leur mission s’est achevée sous le règne de Louis XIV lorsque celui-ci frappa d’indign

 

ité la Nation Corse par l’établissement d’un décret les écartant du Saint Siège (lire par ailleurs). Ce qui n’empêcha pas les corses de continuer à servir Rome.

A Santa Divota, A Guardia Corsa Papale reçoit les associations, les confréries, les écoles et les personnes qui souhaitent en savoir plus sur l’épopée de ces corses valeureux. Parmi les visiteurs, l’arciconfraternità del Carmine del Trastevere créée par les gardes corses en 1543 .

A la fin du mois de juillet, lors du désormais traditionnel voyage en terre vaticane la statue de Saint joseph va être transportée à Rome dans l’église nationale des corses San Crisogono, aux côtés de la statue de la Vierge découverte par les marins corses à Rome, en 1505. L’archiconfrérie de Saint Joseph de Bastia qui est jumelée avec l’arciconfraternità del Carmine  sera présente. « Un représentant du pape va venir à notre messe cette année » se réjouit Iviu Pasquali. La messe en langue corse aura lieu le 28 juillet dans la Basilica San Crisogono del Trastevere ».

L’association vit de ses fonds propres grâce à l’adhésion de ses adhérents qui se payent le voyage à Rome. « Nous n’avons aucun soutien ni encouragement. J’ai fait 40 conférences à mon compte » peste Iviu Pasquali qui n’en finit pas de recréer des liens avec Rome au point d’avoir été l’initiateur d’un jumelage entre les équipes de foot de calcio di Trastevere et l’AS Casinca ! La dernière action de l’association est la conception de fascicules qui seront distribués aux touristes à Rome…

 

 

 

Face à tant d’implications Iviu Pasquali a bien mérité la médaille de la ville de Rome qui lui a été décernée l’an dernier à Campidoglio, dans la salle la plus prestigieuse de la cité. Il donne rendez-vous à tous les corses au mois de juillet prochain à Rome pour partager un moment de fraternité et de partage lors du traditionnel Dio Vi Salve Regina.

FRANCESCA QUILICHINI

Photos F.Q/ADECEC

Cyrnorium Fortia Bello Pectora

(Les corses ardents dans la bataille)

 Devise de la Guardia Corsa papale 

L’affaire des Gardes Corses

La Garde corse était une unité militaire du Pape. En 1595, elle était constituée par 600 corses, et en 1604, par 1000 hommes qui participaient à toutes les cérémonies publiques romaines, processions, réceptions d’ambassadeurs, visites de monarques et exécutions capitales. Les corses avaient pour mission de maintenir et de rétablir l’ordre autour du souverain pontife et dans Rome. Les corses étaient estimés en raison de leur valeur militaire, de leurs bonnes mœurs et de leur piété. Un monument fut érigé en reconnaissance aux services rendus.

Officiers et soldats de la Guardia Corsa Papale étaient originaires de plusieurs villages de notre île : Bastelica, Montemaggiore, Corti, Vallerustie, Orezza, Belgodere, Petralba et Zevacu, entre autres. En 1662, des incidents surviennent avec l’arrivée du nouvel ambassadeur du Roi de France Louis XIV, le duc de Créquy. L’ambassadeur est pris à partie par des gardes corses du Pape Alexandre II, alors qu’il se trouve à Rome pour arbitrer un conflit entre ces derniers et le Cardinal Rinaldo d’Este.  La rixe opposant les Gardes Pontificaux et les gardes de l’ambassade de France dégénére. Le garde corse, Giovanni de Calenzana est blessé avec les Gardes de l’ambassadeur. Un garde corse est mortellement blessé. Une trentaine de corses attaque l’ambassade. Il y a des morts. Une enquête est ouverte. Neuf gardes sont emprisonnés et soumis à la torture. Parmi eux, Mateo d’Ilario de Petralba est torturé trois fois pour avoir tiré des coups d’arquebuse place Farnese. Il est pendu sur la Piazza Campo dei Fiori pour le meurtre du capitaine des gardes de l’ambassade. L’affaire n’en reste pas là. Par le traité de Pise (1664) Louis XIV obtient que les corses soient décrétés hors d’état de servir « tant à Rome que dans l’Etat ecclésiastique », et que l’érection d’une pyramide de marbre noir soit placée face à l’entrée de la caserne des corses en exécration de l’odieux attentat commis par les soldats corses contre le duc de Créquy.  Il fait frapper une médaille pour commémorer l’événement. Un légat se rend à Versailles pour présenter des excuses officielles. La Garde corse dissoute, le Pape ne se sépare pas des corses pour autant. Il les prend à son service qui perdurera jusque sous Napoléon Ier. Les Suisses, eux, remplacèrent la Guardia Corsa Papale jusqu’à aujourd’hui.

Source : J-N. Poiron









2 commentaires

  1. Pasquali

    Mille ringraziamenti pè st’articulu e a ricunniscenza fatta a u nostru associu .

    • Quilichini Francesca

      Ringraziamentu à voi e a vostra squadra per u vostru travagliu di memoria. Ci simu ha da seguità a vostra attualità !

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