EXPOSITION / MOSTRA
I Palazzi di l’Americani

EXPOSITION / MOSTRA I Palazzi di l’Americani

Le musée de la Corse présente jusqu’au 24 mars 2018 les Palazzi di l’Americani, ces fameux Palais des Corses américains qui ont fait fortune outre-Atlantique.

Les commissaires de l’exposition, Michel-Edouard Nigaglioni et Jean-Christophe Liccia, vous invitent à découvrir le destin de ces Corses aventuriers, dans le sillage de Christophe Colomb et d’Amerigo Vespucci.

Cette exposition fait suite au travail du professeur Enrique Vivoni-Farage du département d’architecture de l’Université de Porto Rico et des étudiants portoricains qui se sont rendus en Corse pour dresser les plans, coupes et élévations de 78 maisons d’Américains du Cap Corse.

Le François Piccioni, Louis-Honoré-Frédéric Gamain( 1803-1871), 1863

L’émigration Corse-Amérique, les précurseurs (XVIe- XVIIIe siècles)

Lorsque Christophe Colomb disparaît en 1506, les Corses sont déjà en chemin vers les « Indes occidentales », comme on appelait alors le continent américain. Majoritairement originaires de Calvi puis du Cap Corse, ils sont actifs dans les ports, les centres miniers et les sièges administratifs du Nouveau Monde. Enrichis dans la navigation et le commerce, parfois jusqu’à l’opulence, quelques-uns reviennent en Europe, principalement à Séville, puis à Cadix, où la flotte des Indes est basée à partir de la fin du XVIIe siècle. C’est à cette époque que les retours en Corse commencent à se faire moins rares. Durant ces trois siècles, qui annoncent le vaste mouvement du XIXe, on peut estimer à un peu plus de 500 le nombre de ces premiers «Américains ».

Le temps de l’exposition, vous êtes l’invité privilégié d’un palais qui recèle bien des trésors! Tout en parcourant ces pièces aux décors précieux, vous embarquez pour un voyage au long cours qui s’étale sur cinq siècles. Une véritable épopée à travers le temps où vous allez rencontrer des personnages hauts en couleurs à travers des photos, des lettres, des documents d’archives et divers objets du quotidien. Au cœur de la scénographie : les maquettes des Palazzi, les photographies et les représentations 3D agrémentent l’imaginaire du visiteur dès que la question du retour est abordée. Des grands visuels rétro-éclairés ponctuent la visite. Par un jeu d’échelle, la scénographie donne à voir les palais dans leur globalité : architecture des bâtiments, intérieurs et histoires de famille sont rassemblés pour donner à voir ce qui ne peut l’être habituellement. Cette exposition montre combien les maisons d’Américains de la Corse sont particulièrement importants dans l’histoire de l’île, d’un point de vue sociologique et artistique. Ils constituent des symboles tangibles de la réussite économique, de l’esprit d’aventure et de la culture de ces Corses intrépides, enrichis aux Amériques.

Plus de 150 objets et 15 maquettes

Carte de l’Amérique, 1624, Pierre Bertius (1565-1629)

Jean-Baptiste Marcantoni , son épouse et leurs filles, V.1887

Carte de l’Amérique, 1624, Pierre Bertius (1565-1629)

Le parcours à la fois chronologique sur cinq siècles et thématique présente une sélection ciblée d’objets patrimoniaux issus des fonds appartenant à diverses institutions corses, nationales et surtout à de nombreuses collections particulières. Les pièces exposées sont diverses : des objets en 3D (sculptures, maquettes) ; objets de la vie quotidienne (vaisselle, meubles, outils, objets de toilette, médailles, malles de voyage, bijoux, textiles, livres…) ; une riche iconographie (peintures, estampes, documents d’archives, lettres, passeports, parchemins, plans …) ; des reportages photographiques contemporains ; des projections d’images fixes et animées (vues des façades, de jardins, vues intérieures, vues de plafonds peints, photos de famille anciennes…) ainsi que des dispositifs de diffusion audio (sons, chansons, témoignages). Le visiteur découvre l’intérieur de ces fastueuses demeures néoclassiques dans une ambiance à la fois élégante, raffinée et riche. L’intérieur évoque le luxe : plafonds peints, tentures chatoyantes de damas de soie aux couleurs vives, mobilier raffiné de style Napoléon III en bois sculpté ou marqueté et chargé de bronzes dorés. La vie qu’on y menait était confortable et moderne.

Souvenirs de la famille de Giacinto Michelangeli 20e siècle

Les Palazzi, témoins de la réussite

Après avoir « réussi » aux Amériques, de nombreux Corses ont choisi de retourner dans leur île. Pour la plupart, ils ont souhaité bâtir une maison neuve, matérialisant leur aventure et leur fortune. Ils ont procédé à leur construction soit une fois rentrés en Corse, soit alors qu’ils se trouvaient encore à l’étranger, en chargeant un parent ou un allié de procéder au recrutement de l’architecte et des maçons, ainsi qu’au suivi du chantier. Les élégants Palazzi qui ont été construits suivent généralement les modèles de l’architecture néoclassique toscane. Ils puisent leurs racines dans les traités d’architecture du XVIe siècle, tel celui de Vignola. Les jardins, aménagés en terrasse, ont été plantés de palmiers, d’agaves ou d’araucarias du Chili.

Château Fantauzzi, Morsiglia

Etudiants américains au lycée de Bastia, vers 1895

Des décors magnifiques

Michel-Édouard Nigaglioni a étudié «Les plafonds parlants » dans les palais d’Américains à partir de l’exemple du château Stoppielle de Centuri: « A partir du règne de Louis-Philippe, et jusqu’à la guerre de 1914-1918, nombreux sont les notables enrichis aux Amériques à vouloir se faire construire une demeure à la mode. La très grande majorité de ces nouvelles demeures témoigne d’une double appartenance à la culture italienne et française. La « coquille architecturale » s’inspire délibérément du néo-classicisme en vigueur en Italie. Les décors peints, muraux et plafonnant, suivent les canons de divers styles italiens (Renaissance, baroque, néoclassique).En revanche le mobilier est presque exclusivement d’influence française. Tous les décors peints du château Stoppielle ont été réalisés par le peintre Paul-Baptiste Profizi, un excellent peintre décorateur (né à Talasani), aussi talentueux et parfois, bien meilleur que les nombreux peintres italiens qui travaillent en Corse. C’est le palazzu dont les peintures décoratives sont iconographiquement les plus remarquables. C’est la demeure capcorsine qui est la plus « chargée » en significations symboliques, notamment sur la thématique particulière des Amériques. »

Racheté par la Collectivité Territoriale de Corse, l’édifice bénéficie d’une protection au titre des Monuments Historiques.

Trophée de chasse du fumoir, château Stoppielle, Centuri, V.1889

Francesca QUILICHINI

«Lorsqu’il part de son île un Corse ne s’en va pas, il s’absente.»

Vincent de Moro Giafferi

Parmi les réussites les plus brillantes, celle de Giovan Antonio Vincentello (1519-1587) : « le plus grand marchand et le plus riche qu’ait connu le Pérou.»

Crédit photos : ©CTC-musée de la Corse / Louis Vignaroli

 









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