Teatru/Théâtre
« Gelsomina » du 12 au 17 Mars à 21h théâtre du sphinx à Nantes

Teatru/Théâtre  « Gelsomina » du 12 au 17 Mars à 21h théâtre du sphinx à Nantes

 

DE PIERRETTE DUPOYET

INTERPRETATION ET MISE EN SCENE : MARIE JOSEPHINE SUSINI

Une mise en scène de

Quelque part, au bord d’une route, d’un chemin ou sur une place déserte, qu’importe….une femme raconte, se raconte.

C’est Gelsomina la tendre compagne de cette brute de Zampano tout droit sortie du film « La Strada » de Fellini…

Autant Julietta Massina était muette, autant Zouzou Susini est bavarde.

Et nous de la suivre avec bonheur…

Marie Joséphine Susini le parcours d’une amoureuse des mots d’une réelle femme de théâtre

 A quinze ans elle débute une formation classique, les masques, les bases théâtrales.. qu’elle poursuit  à Nice, Montpellier et Paris à la rue blanche, c’est aussi la découverte des auteurs comme Giraudoux , Artaud et Duras.

Elle travaille alors dans plusieurs troupes, fait du théâtre expérimental.

En 1986 elle revient en corse joue dans diverses troupes à Ajaccio avec des textes de Ribes,  Pacome , Dubillard, Dario Fo

1991 c’est la création de la compagnie Act en Ciel, elle joue « la baby sitter »  d’Obaldia .

Mais aussi des spectacles poétiques sur Char, St John Perse, Rimbaud, et Aragon

Puis en 92 au théâtre Point elle joue Catalina dans une pièce de Synge, en Corse, ce sont « Les Noces du Ferblantier »

Elle entreprend alors un long travail d’intervenante auprès des enfants et multiplie les interventions dans les villages.

Puis elle prend la direction de Bastia où elle lance ses premiers cours à la MJC qui deviendra ensuite centre culturel, cours pour adultes et création de la compagnie Ecl’Adam.

Elle travaille sur des auteurs très variés, contemporains et classiques et même des comédies musicales et un opéra.

A présent cela fait 25 ans qu’elle est au Centre Culturel de Bastia où elle a donné envie à beaucoup de jeunes de faire du théâtre et d’en faire leur métier.

Elle travaille aussi en collaboration avec des auteurs comme Jocelyne Sauvard, Claude Clément et Natalie Fortier

Elle collabore à l’organisation du Festival de Théâtre de rue de Bastia et au Festival de Bande Dessinée

Mais aussi elle fait beaucoup de lectures publiques, de stages de rencontres avec les auteurs…

En 2005 ne trouvant pas de troupe pour un travail professionnel elle monte « Gelsomina » pour le festival « E teatrale »

En 2006 reprise pour le festival de Villerupt à Longwy puis 5ans après au festival du film italien de Bastia

Puis elle joue un rôle d’homme dans une pièce de Shakespeare avec la troupe Unita Théâtrale, tournée interrompue pour raison de santé.

2015 elle adapte le roman « Neige » de Maxence Fermine

2017 elle joue Gelsomina durant le festival d’Avignon…..

 Parution dans Reg’art.org juillet 2017

Gelsomina, un personnage de film qui prend une belle ampleur.

Une magnifique composition d’une artiste Corse. 

On s’est rencontrés un soir avant l’ouverture du festival. Il faisait bon dans cette cour où le théâtre Alizé présentait son programme. D’entrée de jeu on l’a remarquée avec sa crinière dans le vent et sa voix puissante. Elle nous dit « je suis comédienne et joue Gelsomina, un texte de Pierrette Dupoyet. »

Elle était seule pour affronter le festival, aller la voir pourrait l’aider, alors rendez vous fut pris.

On sentait que cette femme avait une pépite entre les mains, que son spectacle allait être au delà de nos espérances, on en était sûr.

Elle est là seule en scène à côté d’une balle de paille dans un trait de lumière. C’est sa mère qui parle, la mère de Gelsomina qui apprend le décès de sa progéniture et propose alors à Zampano son autre rejeton contre monnaie trébuchante pour sillonner les routes avec lui. Marché conclu la voilà, elle,  la jeune fille qui ne sait rien faire , qui n’est pas jolie, mais qui a un cœur énorme qui va apprendre le métier du cirque aux côté de ce géant peu affectueux et peu démonstratif. De ce rocher sans âme.

On repense bien sur au film de Fellini, à la musique de Rota, et à sa femme Julietta Massina. Et bien sur Anthony Quinn la bête de foire. Mais ici l’accent est mis sur Gelsomina sa douceur, sa candeur. Le personnage lunaire est alors habité, vrai. Elle est là avec ses interrogations, ses doutes… sa force intérieure, où il n’y a pas de place pour la peine, en elle  ne vit que  l’ardeur.

Soudain tout s’éclaire pour elle quand elle rencontre le funambule surnommé le fou. Il va donner un sens à sa vie en lui expliquant que le moindre petit caillou est utile, qu’il sert à quelque chose lui aussi. Là… sa vie devient autre… elle existe enfin.

Marie Joséphine Susini a sillonné toute la Corse avec son personnage sous le bras, elle est habitée par son idole, elle la protège et tous les soirs de théâtre lui redonne vie.
Son interprétation est à couper le souffle, c’est délicat, la voix passe tout juste près de chaque spectateur dans une économie de souffle et dans une douceur extrême.

Ce n’est plus la Strada de Fellini mais la Gelsomina de Marie Joséphine… et quelle Gelsomina !!!! Il faut voir ce spectacle qui est un très grand moment de théâtre, une interprétation qui laisse le spectateur sans un mot, les yeux embués…la gorge sèche.

Jean Michel Gautier









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