Histoire / Storia
Un Petralbincu dans la guerre

Abraham Girolami est le troisième enfant d’une fratrie qui comptait cinq garçons et une fille qui mourut durant la guerre de la grippe espagnole alors qu’elle n’avait pas 30 ans. Tous les fils Girolami sont partis au front et miracle !tous sont revenus sains et saufs. L’existence du jeune Abraham avait pourtant bien commencé : avant la guerre il aimait aller porter la sérénade aux jeunes filles jusqu’à Ascu en jouant du banjo . Ce Petralbincu qui ,après guerre voulut devenir gendarme mais que l’armée recala sous le fallacieux prétexte de sa petite taille (1 m 61 ,tout de même !) fut plutôt fortement « encouragé » à faire carrière comme surveillant militaire à Cayenne, en Guyane. Cruelle destinée pour ce jeune appelé de la classe 1911 qui passa ainsi la première partie de sa vie en prison ! A la veille de la Grande Guerre, le jeune homme effectue son service militaire dans le 111e RI. Pour mémoire ,rappelons que ce Régiment d’Infanterie a été créé en 1793 et s’est illustré au fil de l’histoire dans la campagne napoléonienne de Russie ,en Tunisie et en Extrême Orient .« Le 111e ne connaît pas la peur ,il a de bonnes jambes et surtout très bon cœur » :telle est la devise du régiment qui, à la suite de la reddition d’une part importante de son effectif en mars 1916 à Verdun ,sera dissous .Le 111eRI fut le seul régiment d’active supprimé avant l’armistice. Abraham Girolami apprend que la France entre en guerre pendant qu’il est en manœuvre. Son régiment, qui est sous les ordres du lieutenant-colonel Perrier, quitte alors Antibes le 9 août 1914 pour se porter en Lorraine ,à la frontière allemande. Le 14 août ,le 111e RI participe au combat de Montcourt et les 19 et 20 août au combat de Dieuze .Le 8 septembre ,il s’engage dans la bataille de la Marne . Avec ses camarades ,le jeune soldat fait l’expérience de la guerre sans réelle préparation et doit obéir aux ordres souvent stupides de ses supérieurs : «Un jour,  mon régiment est entré dans un village au son du clairon. Les allemands ont été très vite alertés par notre présence ! Lorsque nous sommes entrés dans les maisons , celles-ci étaient vides . Les civils s’étaient enfuis précipitamment. Des marmites fumantes , contenant la soupe de la famille, étaient toujours sur le feu. Nous n’avons pas eu le temps de profiter de l’aubaine de faire un bon repas .La moitié...

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TV / Televisiò
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Patrimoine / Patrimoniu
E vechje funtane di Bastia : la magie de l’eau

Ci Simu vous propose une balade autour de treize fontaines récentes ou anciennes, certaines datant de l’époque génoise. Le top départ est donné à proximité de la fontaine située place d’Armes : cette fontaine est récente. Elle date de 1989. Elle fait partie des travaux de restructuration et d’embellissement de la place. Trois sources alimentaient autrefois en eau la ville ainsi que des ruisseaux et des cours d’eau secondaires. Pour la petite histoire rappelons qu’au 17e siècle, Giovanni Banchero qui fut podestat de Bastia, s’enorgueillira de la quantité et de la qualité des eaux déversées par une dizaine de fontaines. Il évoqua une ville peuplée et dotée de commodités matérielles. Terra Nova, la génoise La seconde fontaine baptisée Cavallu rossu date de la période génoise mais a subi plusieurs modifications au 19e siècle avec l’ajout de rosaces et de petites fleurs. Direction la citadelle, place du Donjon, dans le quartier génois. La fontaine De Zerbi (une vieille famille génoise) était privée. Elle se visite aujourd’hui dans le musée. Place Guasco, du nom du curé de la Cathédrale Sainte Marie, se trouve une jolie fontaine (u Giardinè) qui porte les armoiries de la ville. Elle serait postérieure au 19e siècle. Nous quittons Terra Nova pour nous diriger vers le jardin Romieu conçu dans les années 1870 par un coutelier originaire de Langres .Il imagina de construire un jardin planté d’essences du bassin méditerranéen. De magnifiques ferronneries décorent cet espace public qui fut construit pour séduire une jeune fille de sgiò (notables). Un lieu de détente très prisé des Bastiais au 19e siècle malheureusement tombé un peu dans l’oubli aujourd’hui. Un lieu réhabilité pourtant avec de belles « ricciate » en galets (pavement de pierres) qui nous rappellent que la mer est tout près d’ici. Terra Vecchia, la Corse Direction Terra Vecchia. Sous le magnifique escalier à double révolution du jardin Romieu se trouve une curieuse fontaine baptisée par les Bastiais « A Lingua » et qui représente une tête de méduse. Plus loin, la fontaine du Guadellu porte le nom du ruisseau qui favorisa autrefois des activités aujourd’hui disparues (tanin, minerai de fer). Construite au 18e siècle, elle était encadrée par des griffons en marbre blanc. La fontaine actuelle est récente comme la place qui a été entièrement refaite. Lieu d’agrément aujourd’hui, les fontaines étaient autrefois des lieux de rencontres pour les femmes qui venaient y puiser de l’eau au temps où l’eau courante n’existait pas dans...

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Littérature / Literatura
Marie Susini : L’insularité, source de tous nos mots

Martine Tania Dambacher a publié dernièrement aux éditions Colonna un essai dédié à Marie Susini et à son œuvre littéraire. L’ouvrage, préfacé par Francis Beretti, fait surgir de l’oubli une écrivaine Corse d’expression française de grand talent. L’essai intitulé « Marie Susini ou l’apologie du désespoir » fait suite à une thèse de doctorat soutenue au département d’italien de l’Université de Strasbourg : « L’écriture de l’île dans les œuvres de Marie Susini et de Maria Giacobbe ». Il s’agit d’une étude comparative entre deux auteures, Corse et Sarde. Et une réflexion sur l’écriture insulaire. La femme, figure centrale Martine Tania Dambacher revient sur la genèse de l’œuvre littéraire de l’écrivaine Corse en mettant l’accent sur le caractère autobiographique de ses écrits. Ce parti-pris, qui s’appuie sur les déclarations de Marie Susini, reste pourtant réducteur si l’on considère la portée universelle de ses œuvres. L’insularité vécue comme un enfermement renvoie au destin tragique et mortifère des femmes Corses à travers les siècles. Ces visages marqués par les épreuves, cette religiosité qui imprègne leurs dures existences est vécue dans un paysage d’une saisissante beauté !« Plein Soleil » sur ces vies meurtries par un destin implacable ! Ce n’est pas l’apologie du désespoir ! C’est la Corse de celles qui ont tenté de fuir les pièges de l’insularité. Certains critiques reprochent à Marie Susini d’avoir donné une vision négative de la Corse. Ils montrent aussi du doigt ses fictions truffées de corsicismes. Ses textes d’une grande beauté savent pourtant traduire si justement l’âme corse ! La Corse de Marie Susini, ce n’est pas seulement « sa Corse à elle », c’est celle de plusieurs générations de femmes Corses. La seule lecture des romans de Marie Susini nous plonge dans le vécu des femmes du peuple. Un vécu transcrit avec des mots justes et simples. Dans « Je m’appelle Anna Livia », la mère peu aimante et absente est remplacée par la figure du père .Une relation marquée par l’interdit de l’inceste. « Plein soleil » c’est l’histoire de Vanina qui partage son existence entre son village, ses parents et le couvent où elle est éduquée avec rigueur et fausseté. Entre soumission et rébellion Dans l’espace scénique où les paysages sont les « acteurs silencieux du drame «  se livre la lutte acharnée de personnages en proie à la cruauté de leur destin. Le drame se noue sous l’implacable ardeur des rayons du soleil. Une violence sourde anéantit l’existence des personnages. Dans « La Renfermée, la Corse », Marie Susini exprime...

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EXPOSITION / MOSTRA
Naturel pas Naturel

19 janvier 2018 – 30 avril 2018 Exposition Naturel pas Naturel en partenariat avec le FRAC de Corse Le Palais Fesch – musée des Beaux-Arts et le FRAC Corse s’associent pour présenter dans les salles du musée d’Ajaccio un projet basé sur la rencontre d’œuvres d’art ancien et d’art contemporain : NATUREL PAS NATUREL. Souvent évoqué de façon générale, sans précision de contexte ou de point de vue, le rapport à la nature n’est ni pérenne ni simple. Il dépend d’autant de paramètres qu’il révèle de conceptions du monde et de l’humanité. Les questions sur ce lien essentiel sont elles-mêmes révélatrices selon la manière dont elles sont posées et par qui. Si aujourd’hui elles prennent une importance qui envahit tous les domaines de la vie jusqu’au champ politique qui est bien obligé d’y consacrer des espaces, les artistes n’ont pas attendu pour aborder le vertige de cette relation. Elle reste primitive quel que soit le degré de sophistication d’une société, composante fondamentale de l’existence, elle l’est aussi de la pensée de l’art et de la philosophie.   L’exposition fera découvrir des choix et des postures d’artistes qui se sont exprimés et s’expriment en étant conscients des réalités de leur temps. Le projet comprend également des œuvres empruntées à d’autres musées des Beaux-Arts, institutions parisiennes et d’autres FRAC(s), institutions partenaires de l’opération. Cette exposition est aussi l’occasion de présenter pour la première fois en Corse des œuvres de Pablo Picasso, ce qui constituera un évènement de premier ordre. Le commissariat de la manifestation a été confié à madame Anne Alessandri, directrice du Frac Corse et monsieur Philippe Costamagna, conservateur des musées de la Ville d’Ajaccio. Avec le soutien exceptionnel du: Picasso-Meditérranée:Une initiative du Musée national Picasso-Paris Dossier de presse: Naturel Pas Naturel 1,12 MB  Légendes des photos: Ci contre de haut en bas: – Anonyme actif à Rome au début du XVIe siècle. Nature morte de fleurs, fruits et perroquet . Huile sur toile; © Palais Fesch-musée des beaux-Arts, Ajaccio – Daniel Spoeri Der Hirschhirte / Le bon Pasteur II  (1992). FRAC Corse . Photographie, Daniel Spoeri, ©ADAGP, Paris 2018. – LUCAS Cristina Licencia Politica V (2008) , Huile sur toile; Collection FRAC Corsica; Courtesy Galeria Juena de Aizpuru (Madrid, Espagne); © Cristina Lucas  – HIDAKA Christian, Factory Mountains (2012) ; Huile sur toile de lin; Collection FRAC Corsica. Courtesy Galerie Michel Rein; © Christian Hidaka  – AIS José Ramón, Parque Naturel I (2014) ;...

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